Un chapiteau à Saint-Pierre de Mozat, à Mozac (Puy-de-Dôme). A gauche, le poisson chevauché, symbolisant la coopération humain-animal. A droite, le poisson soumis.
Un chapiteau à Saint-Pierre de Mozat, à Mozac (Puy-de-Dôme). Photo : GAHOM/CRH-EHESS.

« Loin de nos représentations figées, les églises romanes étaient des lieux de vie. Avec leur ouvrage Le monde roman, trois chercheurs nous invitent à voir au-delà de la pierre nue pour redécouvrir la Création foisonnante et heureuse de l’An Mil.
Dépouillement. Voilà le premier mot qui vient à l’esprit lorsque l’on rentre dans une église romane, que ce soit la magnifique abbatiale Sainte-Foy de Conques ou la très belle basilique Saint-Sernin de Toulouse. C’est que nous avons trop l’habitude d’opposer le foisonnement architectural du gothique (terme à l’origine péjoratif inventé au XVIe siècle) à une simplicité romane (catégorie, quant à elle, crée au XIXe siècle). Nous ne sommes pas aidés par notre perception actuelle qui réduit ces édifices à de simples objets de curiosité inanimés.
Et pourtant, que de vie dans une église romane ! « Les animaux sont partout, sous différentes formes » nous explique Pierre-Olivier Dittmar… », l’un des auteurs du Monde Roman.
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Bonne lecture.

Le Monde roman, couverture du livre

Il faut imaginer que l’église, elle-même, était vivante. Centre de l’espace social médiéval, la communauté chrétienne (donc, théoriquement, l’ensemble de la société) y était à la fois réunie – à travers la communauté des fidèles, mais aussi des vivants et des morts –, mais également séparée entre laïcs et religieux (ces derniers seuls pouvant accéder régulièrement au sanctuaire). Renforçant sa centralité, la consécration de l’église par un prêtre la changeait en espace sacré, en un lieu agissant doté d’une propriété essentielle de transformation. C’est dans ses murs que le pain était changé en corps du Christ (par la transsubstantiation), que les serfs devenaient libres et certains libres, vassaux).

William Blanc