IMAGE 1 – "Lucifer convoque ses diables", Eustache Marcadet, Mystère de la Passion, vers 1480. Cette illustration permet aux concepteurs des mystères de mettre en scène le jeu des acteurs qui joueront les diables.
IMAGE 1 – « Lucifer convoque ses diables », Eustache Marcadet, Mystère de la Passion, vers 1480. Cette illustration permet aux concepteurs des mystères de mettre en scène le jeu des acteurs qui joueront les diables.

Nous connaissons beaucoup le théâtre classique des Molière, Racine et autre Corneille. Mais le théâtre en Europe du Nord est riche d’une histoire dont on aperçoit le première trace dès le Moyen âge classique. Au XVe siècle et sans doute avant, on trouve ainsi des professionnels – comme la confrérie de la Passion à Paris – organisant des spectacles gigantesques et foisonnants, les mystères, dont la taille et la durée – certains mystères durent quatre jours ! – n’ont rien à envier, avec leurs effets spéciaux (IMAGE 2), aux grandes productions modernes de Broadway. Pour découvrir ce patrimoine littéraire aujourd’hui oublié, Fréquence Médiévale a le plaisir de recevoir Darwin Smith, directeur de recherche au CNRS-LAMOP, coauteur avec Gabriella Parussa et Olivier Halévy de l’anthologie Le théâtre français du Moyen Âge et de la Renaissance (L’Avant-scène, 2014). Bonne écoute :

Et maintenant, quelques images :

MAGE 2 – « Mécanisme d’une sorcière mobile qui crache du feu par la bouche et les oreilles », Gionvanni de Fontana, Livre des machines, v. 1420. Ce type de machinerie complexe était employé comme « effets spéciaux » dans le théâtre médiéval. Georges Lucas peut aller se rhabiller !
IMAGE 3 – Les didascalies dans le Mystère de la Passion joué à Mons en 1501 avec les instructions pour les acteurs à gauche (et leurs lignes à droite).

Pour en savoir plus

Rendez-vous sur cette page qui propose une bibliographie complète consacrée au théâtre médiéval français.

Merci, pour le montage, à Exomène, dont les compétences techniques ne sont pas de la farce !

William Blanc

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Finissons par une annonce. Darwin Smith fait en effet partie du projet La Passion de Valenciennes 1547 3D, un film expérimental qui propose un extrait de la plus célèbre des grandes Passions de la fin du Moyen Age en France. L’extrait – l’épisode de la Samaritaine, suivi d’une diablerie et d’un miracle – a été filmé en studio sur fond vert puis incrusté dans un décor numérique en 3D reconstitué à partir des peintures des manuscrits disponibles sur le site de la Bibliothèque nationale de France-Gallica.

Le film a été réalisé à l’occasion de l’exposition « Pathelin, Cléopâtre, Arlequin », au Musée national de la Renaissance d’Écouen. Le projet a été porté par l’Université de Toulon (laboratoire Babel et Télomédia) et a bénéficié du soutien des laboratoires Clesthia (Université de Paris 3-Sorbonne-nouvelle) et LaMOP (Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne/CNRS). Il a en outre bénéficié du soutien du Musée national de la Renaissance et de l’Association des amis du Musée national de la Renaissance ainsi que de la TGIR Huma-Num.

Valenciennes 1547 3D est une nouvelle étape d’un travail initié 1998 par Darwin Smith avec la création au LaMOP du Groupe d’étude sur le théâtre médiéval et qui avait abouti en 2014 à la publication du Théâtre français du Moyen Age et de la Renaissance : histoire, textes, mises en scène (D. Smith, G. Parussa, O. Halévy dir., Editions L’avant-scène théâtre 2014).

Pour en savoir plus, rendez-vous jeudi 28 février 2019 :

Passion de Valenciennes 1547 3D
projection-débat jeudi 28 février 18h45

Institut d’études théâtrales
Université Paris 3 Sorbonne-nouvelle, Centre Censier
13 rue de Santeuil Paris 75005
salle D3

Modérateur Pierre Letessier (directeur de l’Institut d’études théâtrales)
Xavier Leroux (réalisation, mise en scène) – Darwin Smith (co-concepteur) Charles Di Meglio (comédien, assistant de mise en scène et costumiste) Mathieu Beaud (site d’accompagnement du film)
Discutants William Blanc (historien, animateur du podcast Fréquence médiévale), Gabriella Parussa (linguiste).