Figure mal connue en France, Jan Hus n’est a pas moins été un personnage central de la fin du Moyen âge. Réformateur religieux, porte-drapeaux de la langue tchèque et finalement hérétique condamnée au bûcher au 1415. son influence marquera durablement l’Europe centrale et orientale, au point d’inspirer (certes tardivement) Martin Luther. Pour partir à la découverte de ce personnage fascinant, nous avons de nouveau interviewé Jan Sekal qui a travaillé sur l’histoire tchèque.
Bonne écoute :

Pour en savoir plus, lisez l’article d’Yves Krumenacker et Wang Wenjing, « Cathares, vaudois, hussites, ancêtres de la reforme ? », dans Chrétiens et Sociétés XVIe – XXIe siècles, LARHRA, 2017, Les anniversaires de la Réforme, pp.133-162. On peut y lire ce passage très intéressant sur la filiation entre Hus et Luther : « C’est en 1520 que Luther commence à se considérer comme un héritier de Hus. En février 1520, dans une lettre au conseiller de l’électeur de Saxe, Spalatin, Luther écrit: « J’ai jusqu’ici enseigné et gardé tout Jan Hus sans le savoir, de même que Johannes Staupitz [le supérieur des Augustins et son directeur spirituel] a lui aussi enseigné avec la même inconscience. Bref, nous sommes tous des hussites sans en être conscients. Oui, Paul et saint Augustin sont également de vrais hussites. » Mais, si le réformateur tchèque est un précurseur, Luther le dépasse, étant « cinq fois » plus radical que lui, dit-il en 1521. Luther établit par la suite une continuité de plus en plus forte en s’appuyant sur les témoignages de l’empereur Maximilien et d’Érasme, des représentants importants des augustins comme Staupitz, sur la « voix du peuple », et finalement, si l’on en croit le polémiste catholique Cochläus, sur une prophétie de Hus à son bûcher reprise à son compte par Luther: « ils rôtiront maintenant un oison; car Hus signifie un oison; mais dans cent ans d’ici ils entendront chanter un cygne. » En 1536, il publie quatre lettres de Hus où, dans la préface, il explique que la vérité a été exposée au concile de Constance, mais qu’elle triomphe à présent. »

Merci à Exomène pour le montage de l’émission.

Enluminure montrant le mise au bûcher de Jan Hus.
Jan Hus au bûcher. Chronique illustrée de Diebold Schilling le Vieux, 1485.

William Blanc