Catégorie : Viking

Les sagas islandaises au Moyen âge

« Légendaires, héroïques ou familiales, elles sont la fierté du peuple islandais. Mais que racontent au juste les sagas ? Ecrites entre le XIIe et le XIVe siècles, soit plus de…

« Légendaires, héroïques ou familiales, elles sont la fierté du peuple islandais. Mais que racontent au juste les sagas ? Ecrites entre le XIIe et le XIVe siècles, soit plus de deux siècles après l’époque qu’elles relatent, les sagas de Njáll, d’Egill ou de Snorri sont-elles historiquement fiables ?

Quand les sagas islandaises ont-elles été écrites ? Pourquoi leur écriture s’interrompt-elle brutalement au XIVe siècle ? Comment et par qui ont-elles été portées à notre connaissance ? Voici quelques unes des questions qu’Emmanuel Laurentin et Victor Macé de Lépinay posent à François Emion, maître de conférences en études nordiques à l’Université Paris-Sorbonne, spécialiste de la Scandinavie médiévale, Marie Mossé, professeure agrégée de lettres et Hanna Steinunn Thorleifsdottir, maîtresse de conférences en langue, littérature et civilisation islandaises à l’Université de Caen Normandie.

Comment les sagas ont-elles été portées à notre connaissance ?

Marie Mossé : Au XIXe siècle, la « kvöldvaka » ou veillée du soir, passage obligé de l’hospitalité islandaise au cours de laquelle le père de famille lit des extraits d’une saga à ses invités, va devenir un motif du récit de voyage en Islande. A une période où cette colonie danoise est toujours spoliée de son « trésor » – ses manuscrits – qu’elle ne récupérera qu’au XXe siècle, les familles islandaises investissent le voyageur d’un rôle d’ambassadeur et de promoteur de ce patrimoine littéraire. Ainsi, la « bibliothèque islandaise » va-t-elle éblouir les voyageurs européens jusqu’à devenir cet objet intellectuel et spirituel fascinant, capable de perdurer en dépit de la domination politique danoise et d’un contexte économique qui maintient la population dans la misère. Et in fine contribuer à forger la figure de l’Islandais ascète.

Les sagas islandaises témoignent d’un art narratif resserré, à l’économie proche parfois du laconisme, alors que, comme on l’a vu avec la déferlante Game of thrones, la mode s’est emparée du mot pour désigner des récits marqués par un souffle épique et un lyrisme démesurés…

François Emion : En effet, le mot a pris en français un sens différent alors que saga est dérivé du verbe « segja » qui signifie dire. Ce qui est dit. Ainsi, les Islandais appellent saga tout texte historique ou fictif : des adaptations des romans de chevaliers aux sagas royales en passant par des textes hagiographiques, au sens de la vita latine : c’est donc un corpus varié aux écritures différentes. Dans l’ensemble, les sagas sont des récits touffus avec de nombreux personnages et dont le thème central reste le conflit et sa résolution. Si l’on ne considère que les sagas des Islandais par exemple, un corpus de 40 textes qui relate la vie en Islande depuis l’installation à la fin du IXe siècle jusqu’au XIe siècle, celui-ci forme un ensemble cohérent avec des motifs littéraires récurrents : la vengeance, le duel, les « berserkir » ou guerriers-fauves, costauds mais un peu bêtes qui sont tués par le héros. La comparaison la plus pertinente est sans doute le western américain !

Quel était le but des sagas ? S’agissait-il d’édifier le peuple, de souder une communauté dans un récit épique national ?

Hanna Steinunn Thorleifsdottir : Malgré la présence de descriptions assez dures de batailles, de blessures terribles infligées aux héros, les sagas ont été écrites pour le divertissement du lecteur ou de l’auditeur, « til gamans » comme l’a écrit Régis Boyer. Ces descriptions assez crues sont aussi faites pour secouer le lecteur ! Extrêmement humaines, et souvent ambiguës – comme le prouve la fameuse réplique de Snorri Sturluson « Ekki skal höggva » « ne frappe pas » sur laquelle les commentateurs divergent toujours – les sagas font appel à la subjectivité du lecteur. Leur essence même est d’inviter à lire entre les lignes. Vous participez vous-même de la saga, c’est vous qui écrivez l’histoire !

Manuscrits enluminés de sagas islandaises (Flateyjarbók et Saga de Saint Olaf), XIVe siècle
Manuscrits enluminés de sagas islandaises (Flateyjarbók et Saga de Saint Olaf), XIVe siècle Crédits : Werner Forman/Universal Images GroupGetty

« Les poèmes anciens sont offerts davantage comme divertissement que comme des vérités éternelles […]. Je tiens à remercier tous ceux qui ont écouté et apprécier cette histoire et, dans la mesure où ceux qui ne l’ont pas aimée n’en seront jamais satisfaits, laissons ceux-là jouir de leur propre misère. » Saga de Hrolfr Sans Terre

Textes lus par Mélanie Orru. »

Bibliographie

Sagas islandaises

Sagas islandaises Gallimard – coll. La Pléiade, 2003

Intervenants

Emission La Fabrique de l’Histoire diffusée sur les ondes de France Culture, le dimanche 17 avril 2019.

Production : Vincent Charpentier ; Réalisation : Vanessa Nadjar avec la collaboration de Sandrine Chapron

Production : Emmanuel Laurentin ; Production déléguée : Séverine Liatard, Anaïs Kien, Victor Macé de Lépinay avec la collaboration deCéline Leclère, Aurélie Marsset, Marion Dupont Réalisation : Marie-Laure Ciboulet, Thomas Dutter, Renaud Dalmar, Séverine Cassar, Anne Fleury

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Fréquence médiévale : l’Irlande au début du Moyen Âge

L’Irlande au début du Moyen Âge est un territoire particulier. Jamais conquise par les Romains, jamais unifiée autour d’un monarque, l’île développe vite une forme originale de christianisme où les…

L’Irlande au début du Moyen Âge est un territoire particulier. Jamais conquise par les Romains, jamais unifiée autour d’un monarque, l’île développe vite une forme originale de christianisme où les structures épiscopales sont calquées sur les monastères (avec notamment des abbés-évêques) et des moines mariés. S’ajoute à cela une forte présence viking dès le IXe siècle,notamment à Dublin. Pour nous parler de cette histoire fascinante, nous avons le plaisir de recevoir Mathilde Jourdan, doctorante à l’université Paris 1.
Bonne écoute (en sirotant une petite stout locale, évidemment)

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Le Livre de Kells, IXe siècle, folio 114, l’arrestation du Christ. Ce manuscrit a été réalisé dans le monastère de Kells, en Irlande.

A lire, pour celles et ceux qui voudraient aller plus loin : Viron Olivier, « Géopolitique de l’Irlande médiévale (600-1200) », Hypothèses, 2002/1 (5), p. 27-38.

Le Grianan d’Aileach, centre politique et culturel irlandais médiéval.

Merci à Exomène (qui vient de se resservir une stout, le coquin !) pour le montage.

William « Fighting Irish » Blanc

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Les Vikings pour tous !

Voilà un bien bel ouvrage que ce Vikings ! écrit par l’archéologue Vincent Carpentier et coédité par l’INRAP et Actes Sud Junior. Conçu pour la jeunesse, ce livre de 78…

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Voilà un bien bel ouvrage que ce Vikings ! écrit par l’archéologue Vincent Carpentier et coédité par l’INRAP et Actes Sud Junior.
Conçu pour la jeunesse, ce livre de 78 pages n’en demeure pas moins une véritable mine d’informations qui permet au lecteur de sortir des clichés concernant les peuples scandinaves du Moyen âge (vous savez, les casques à cornes) et que l’on retrouve parfois dans des séries récentes (rappelez-vous, nous en parlions ici). Construit autour de doubles pages mariant textes d’une grande clarté et de superbes illustrations de Jeff Pourquié, l’ensemble permet d’explorer tous les aspects des sociétés vikings. Les classiques sont là. Vincent Carpentier laisse ainsi une large place aux explorations et aux expéditions (y compris celles vers l’Amérique du Nord), aux navires (dont le fameux langskip appelé communément un drakkar) mais aussi aux personnages célèbres, comme l’inévitable Rollon ou le siège de Paris en 885. Mais, à côté de cela, s’appuyant sur les découvertes récentes de l’archéologie et de l’histoire, l’auteur invite les lecteurs à découvrir des aspects méconnus de la société viking, comme l’esclavage, mais aussi l’usage… des skis.

Bref, Vikings ! constitue un parfait livre pour s’initier à l’histoire des anciens Scandinaves, dans lequel les petits, mais aussi les grands, trouveront leur compte, et ce pour une somme plus qu’accessible (14,90 euros).
Bonne lecture.

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William Blanc

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Guillaume le Conquérant revient dans un docu-fiction

Fréquence médiévale s’intéresse au docu-fiction Guillaume le conquérant, et s’est entretenu avec son réalisateur, Frédéric Compain : Fréquence médiévale : comment vous est venue l’idée de faire un docu-fiction consacré…

Fréquence médiévale s’intéresse au docu-fiction Guillaume le conquérant, et s’est entretenu avec son réalisateur, Frédéric Compain :

Fréquence médiévale : comment vous est venue l’idée de faire un docu-fiction consacré à Guillaume le conquérant ?
Frédéric Compain : C’est un producteur qui m’a suggéré l’idée de faire un docu-fiction sur Guillaume le conquérant. Cela tombait bien : je suis né à Rouen et Guillaume est pour moi une figure d’enfance, forcément un peu fantomatique et forte. Et, puisque j’évoque l’enfance, l’idée de reconstituer la bataille d’Hastings par exemple tenait du plaisir enfantin ! Enfin, Guillaume fait partie de ces « grandes figures » dont la célébrité est proportionnelle à l’ignorance du plus grand nombre… C’est devenu une marque, un nom, un peu vidé de contenu et de savoir.
Par ailleurs j’aimais bien l’idée de m’attaquer à un « genre » documentaire bien particulier : le « docu-fiction ». Comment le régénérer, comment ne pas livrer un objet par trop conventionnel ?

FM : comment se sont passées la rencontre et la collaboration avec les historiens ?
FC : Pierre Bouet a été la clef de voûte de cette aventure. C’est à l’issue de notre première rencontre que j’ai décidé de me lancer dans cette réalisation. Sans lui, sans son enthousiasme et son refus de tout conservatisme, le film n’aurait pas été possible. Ensuite il m’a fait rencontrer son ami François Neveu – exceptionnel historien lui aussi – ainsi que d’autres confrères français et anglais. Pierre Bouet a eu une fonction un peu particulière étant conseiller historique du film. Il était présent tous les jours de tournage, vérifiant coiffures et costumes, gestuelle des comédiens et m’évitant tout anachronisme. L’historien est devenu collaborateur artistique, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

FM : Avez-vous fait appel à des reconstituteurs pour figurer dans votre film ?
FC : Nous nous sommes appuyés sur plusieurs organisations de reconstitueurs qui se sont mêlés aux comédiens. De grands passionnés qui se sont livrés au jeu avec enthousiasme. Nous avons également utilisés des fonds verts pour multiplier les foules.

FM : SI vous n’hésitez pas à faire appel à la 3D et aux technologies numériques, on sent dans votre travail un besoin de revenir toujours aux monuments, aux textes, aux sources. Pourquoi ?
FC : La plupart des « docu-fictions » jouent une forme de vérisme dans la fiction. C’est une forme d’imposture. Je pense qu’on ne peut pas représenter l’an mille comme si vous y étiez. Le passé en général, dès lors qu’il est représenté, ne peut être qu’une construction plus ou moins imaginaire. Marcel Proust est peut-être le plus grand historien du XXe siècle ! J’ai essayé de multiplier les niveaux de narrations, de jouer avec l’enchantement d’une représentation hypothétique mais aussi avec le doute et le jeu tissé entre réel et imaginaire, certitudes et approximations, présent et passé : nous sommes dans « l’ère du soupçon » chère à Nathalie Sarraute. Ne pas forcément croire à ce que l’on voit, revenir aux textes, interroger les images, celle de la fiction autant que les sources historiques. et créer des sasses entre « la belle histoire » et la connaissance que l’on en a, parsemée d’approximations. D’ailleurs Pierre Bouet intervient directement dans la reconstitution de la mort de Guillaume, laissant bien entendre que nous sommes dans une tentative de représentation et pas du tout dans une réalité figée, qui pourrait être perçue comme la vérité définitive. Je crois que c’est comme cela que la connaissance peut s’imposer : par approximations successives.

Pour visionner la bande annonce, suivez ce lien.

Propos recueillis par William Blanc

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Fréquence médiévale : reconstituer les drakkars

Lors de la dernière fête des remparts de Dinan, nous avons pu discuter nous avons eu la chance d’interviewer les reconstituteurs. Ceux qui pratiquent les tournois médiévaux, mais aussi ceux…

Lors de la dernière fête des remparts de Dinan, nous avons pu discuter nous avons eu la chance d’interviewer les reconstituteurs. Ceux qui pratiquent les tournois médiévaux, mais aussi ceux de l’association Leita at Bardagi qui ont remonté la Rance dans un drakkar (pardon, un knörr) reconstitué. Nous avons échangé avec Guillaume, qui nous a présenté leur travail et fait découvrir leur navire, de la proue à la poupe, du mât aux cordages.
Bonne écoute :

Le drakkar de l'association Leita at Bardagi remontant la Rance. Photo de Julien Danielo
L’association Leita at Bardagi remontant la Rance. Photo de Julien Danielo

Merci à Exomène, le pilote du drakkar « Fréquence médiévale »

William Blanc

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La série « Vikings » est-elle réaliste ?

La série Vikings renouvelle-t-elle l’imagerie traditionnelle des Vikings ou bien se contente-t-il de reprendre les stéréotypes classiques à l’égard des hommes (et des femmes) du Nord ? Pour nous guider…

La série Vikings renouvelle-t-elle l’imagerie traditionnelle des Vikings ou bien se contente-t-il de reprendre les stéréotypes classiques à l’égard des hommes (et des femmes) du Nord ? Pour nous guider dans notre réflexion, nous avons fait appel à Howard Williams, professeur d’archéologie à l’université de Chester (Angleterre). Spécialiste des pratiques funéraires dans les Îles britanniques et en Scandinavie au Moyen Âge, il tient un blog traitant de ses domaines de prédilection à destination du grand public.

William Blanc : Que pensez-vous de la série Vikings ?
Howard Williams : Je trouve qu’il s’agit d’une série vraiment agréable à suivre, avec des personnages attirants et parfois franchement drôles, qui peuvent nous déranger au début. En effet, c’est incroyable qu’ils nous paraissent si sympathiques alors qu’ils se livrent à des actes particulièrement violents, mais ils savent aussi faire preuve d’une grande bonté. La création de cette série permet de faire revivre l’époque viking auprès d’un large public à l’échelle internationale, grâce à un scénario captivant bien inscrit dans le contexte général des premiers raids vikings. Les personnages sont très variés, allant de l’enfant à l’adulte, homme et femme, et tous très intéressants (aussi bien les rôles principaux que les secondaires).
Au départ, je trouvais assez ennuyeux le côté « suffisant » qu’on trouve chez le personnage de Ragnar, ainsi que le jarl Haraldson dont la brutalité froide et toute en intérieur me faisait penser à un personnage de Tarantino. Mais malgré cela, j’ai finalement trouvé beaucoup d’aspects positifs dans la série : elle présente assez finement la façon dont la société, la politique, la religion et la guerre sont entièrement imbriquées et liées au début de l’époque viking en Scandinavie.
Pour moi qui suis d’abord spécialiste des Anglo-Saxons, je me suis également concentré sur le portrait que l’on fait d’eux dans la série : parfois inspiré, parfois pénible et ridicule. Je pense que cela est dû au fait que chez les deux peuples, la nécessité de ponctuer le scénario de scènes de sexe et de violence (parfois inutiles) donne naissance à des scènes incompréhensibles et parfois même (très) bizarres. Mais je dois dire qu’en dépit de cela, j’aime beaucoup la série et je me réjouis qu’elle illustre, avec vitalité et de manière attachante, une vision mythique et épique (plus qu’historique) de l’époque viking.

Des Anglo-Saxons comme la série Vikings les représente.
Des Anglo-Saxons comme la série Vikings les représente.

WB : La série Vikings marque-t-elle une évolution dans les représentations du Moyen Âge scandinaves dans la culture populaire ?
HW : Si on regarde ce que les Vikings « font » dans la série, à savoir violer, piller, combattre les ennemis et se battre entre eux, on retrouve là une vision de ce peuple fortement ancrée dans l’imaginaire romantique du XIXe siècle. Ce que l’on voit de la vie quotidienne dans les fermes, puis avec la chasse et la pêche, est également prévisible et peu surprenant. Même le souci du détail archéologique est lié à cet imaginaire romantique, mais malgré cela je trouve que cet aspect en particulier fait la force de la série. Je ne parle pas seulement de la grande attention accordée (malgré quelques erreurs embarrassantes) au rendu des éléments comme les vêtements, outils, armes, architecture, pratiques funéraires et bateaux. Je veux surtout parler de la façon dont tout ce monde matériel guide et oriente le scénario. Nous avons affaire à des personnages marquants, mais les objets et les lieux ont également une force qui leur est propre.

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WB : On remarque l’importance accordée aux personnages féminins combattant dans la série. Est-ce attesté dans les sources ?
HW : Cet aspect tient principalement du fantasme, et se base surtout sur des récits (sagas) tardifs dont la véracité est largement contestable. Disons que c’est une image ancrée dans des mythes et légendes plutôt tardifs, mais pas attestés de manière historique.

Athelstan

WB : Le moine Athelstan reste l’un des personnages les plus attachants de la série, partagé entre christianisme et paganisme. Existe-t-il des cas historiques de gens oscillant ainsi entre deux traditions religieuses ?
HW : L’époque dont nous parlons était agitée par de nombreux changements et fluctuations au niveau religieux. Le personnage d’Athelstan, ainsi que Ragnar et Rollo d’une certaine manière, illustrent en quelque sorte les compromis et les relations complexes entre christianisme et « paganisme nordique ». De mon point de vue, Athelstan est le personnage le moins attirant à cause de la manière assez grossière dont il est traité dans le scénario. Même si la série comporte beaucoup d’ellipses et que plusieurs années s’écoulent entre certains événements, je n’arrive pas à trouver crédible le fait qu’un personnage devienne ainsi l’ami de ses ravisseurs, alors que ceux-ci ont tué sous ses yeux au moins quatre de ses frères (durant le raid sur le monastère de Lindisfarne en 793, NDLR), allant jusqu’à participer à des raids avec eux et tout ceci en reniant (du moins partiellement) sa foi. Pour moi, il m’a tout l’air d’un personnage incroyablement veule !
Au moins, je dois reconnaître que c’est un portrait de moine chrétien beaucoup moins simpliste et caricatural que ceux qu’on rencontre dans d’autres séries !

Articles sur la série Vikings publiés (en anglais) sur le blog de Howard Williams : « Vikings seasons 1 and 2 : An Archaeodeath review » et « Vikings : An Archaeodeath review of Death in season 1« .

Pour en savoir plus, Dragons et drakkars. Le mythe viking de la Scandinavie à la Normandie XVIIIe-XXe siècles, Musée de Normandie, 1996.

Interview et traduction par Juliette Papadopoulos Mise en forme par William Blanc

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Fréquence médiévale : les échos contemporains de la mythologie viking

Comment les mythes vikings nous sont-ils parvenus et comment sont-ils devenus à ce point présents dans la culture populaire contemporaine ? Venez explorez, en compagnie de Laurent Di Filippo (qui…

Comment les mythes vikings nous sont-ils parvenus et comment sont-ils devenus à ce point présents dans la culture populaire contemporaine ? Venez explorez, en compagnie de Laurent Di Filippo (qui nous a déjà parlé de la mythologie nordique au Moyen âge et du dieu Loki) la littérature, le cinéma, les jeux, les bandes dessinées, mais aussi les discours politiques, à la recherche d’Asgard.
Bonne écoute.

Merci à Exomène, l’Aesir des sites internet, pour le montage.

Les spécialistes auront reconnu, en illustration principale, l’image de couverture de Legends and Lore publié en 1984 pour le jeu de rôle Advanced Dungeons & Dragons.

William Blanc

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Fréquence médiévale : Loki, dieu viking

Nous connaissons toutes et tous Loki grâce aux films de super-héros Marvel. Mais Loki, c’est bien plus que cela. Un menteur, un bouffon, un polymorphe qui prend la forme de…

Nous connaissons toutes et tous Loki grâce aux films de super-héros Marvel. Mais Loki, c’est bien plus que cela. Un menteur, un bouffon, un polymorphe qui prend la forme de nombreux animaux et qui change de sexe comme de chemise (il a part exemple enfanté le cheval d’Odin, Sleipnir). Laurent Di Filippo (qui était déjà venu nous parler des mythes nordiques) a voulu nous éclairer sur ce personnage fascinant en s’appuyant sur les textes médiévaux.
Bonne écoute.

Merci à Exomène « Loki soit qui mal y pense » pour le montage.

William Blanc

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Fréquence médiévale : la mythologie viking

La mythologie Viking, Thor, Odin, Freya, et compagnie, autant de figure qui évoque beaucoup sans que nous les connaissions vraiment. Voilà pourquoi nous sommes aller interviewer Laurent di Filippo, spécialiste…

La mythologie Viking, Thor, Odin, Freya, et compagnie, autant de figure qui évoque beaucoup sans que nous les connaissions vraiment. Voilà pourquoi nous sommes aller interviewer Laurent di Filippo, spécialiste des sagas scandinaves, pour en savoir plus sur ces légendes et sur leurs sources.
Bonne écoute

N’hésitez pas à écouter notre émission consacrée aux échos contemporains de la mythologie viking.

Merci à Exomène, le scalde des MP3, pour le montage.

En couverture, une représentation d’Odin dans un manuscrit du XVIIIe siècle SÁM 66 conservé à l’institut Árni Magnússon en Islande.

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