Catégorie : Templiers

Fréquence Médiévale : Philippe le Bel. Le roi qui voulait être pape

Nous connaissons surtout, Philippe le Bel (1268-1314), le « roi de fer » pour son implication centrale dans le procès des Templiers. Pourtant, son règne, qui ne saurait se résumer à cela, est…

Nous connaissons surtout, Philippe le Bel (1268-1314), le « roi de fer » pour son implication centrale dans le procès des Templiers. Pourtant, son règne, qui ne saurait se résumer à cela, est un moment crucial durant lequel la monarchie capétienne s’est hissée au point de menacer le pouvoir des papes. Pour en savoir plus sur ce personnage fascinant, nous avons reçu à Julien Théry-Astruc, professeur d’histoire à l’université Lyon II Louis Lumière.
Bonne écoute :

Pour en savoir plus, lisez l’article de Julien Théry Astruc : « Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des « perfides templiers » et la pontificalisation de la royauté française.« 

Merci pour le montage à Exomène, notre « monteur de fer ».

Philippe IV le Bel d'après le Recueil des rois de France de Jean Du Tillet (XVIe siècle).
Philippe IV le Bel d’après le Recueil des rois de France de Jean Du Tillet (XVIe siècle).

William Blanc

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Les Croisades au cinéma : festival Bobines et Parchemins

Les Croisades au cinéma 7e édition du festival Bobines et Parchemins Au cinéma les Ecoles 21, 23 rue des Ecoles, 75005 Paris du 13 au 15 juin 2019 ALEXANDRE NEVSKI…

Les Croisades au cinéma

7e édition du festival Bobines et Parchemins

Au cinéma les Ecoles 21, 23 rue des Ecoles, 75005 Paris

du 13 au 15 juin 2019

ALEXANDRE NEVSKI (1938, SERGUEÏ EISENSTEIN), JEUDI 13 MAI 2019, 20H.
Projection suivie d’une discussion avec Mélissa Melodias (doctorante en cinéma rattachée à THALIM) et William Blanc (historien). Dans la Russie au 13e siècle, un prince s’oppose à l’invasion des chevaliers teutoniques. Un classique du cinéma russe.

SALADIN (1963, YOUSSEF CHAHINE), VENDREDI 14 JUIN 2019, 20H
Projection suivie d’une discussion avec Christophe Naudin (historien spécialiste des croisades et enseignant). Saladin, qui vient de remporter une victoire sur les Croisés à Alexandrie, prépare la bataille pour libérer Jérusalem occupée par les chrétiens. Une grande fresque cinématographique tournée pendant le mandat de Gamal Abdel Nasser.

LE SEPTIÈME SCEAU (1957, INGMAR BERGMAN), SAMEDI 15 JUIN 2019, 20H
Projection suivie d’une discussion avec Darwin Smith (historien au CNRS et rattaché au LAMOP) et Patrick Saffar (docteur en étude cinématographique, enseignant et critique). Au 14e siècle, un chevalier est de retour en Suède après 10 ans passés en croisade. Il affronte la mort au cours d’une partie d’échec, le temps de trouver des réponses à ses problèmes métaphysiques. Un des plus grands films qui ait été tourné sur le Moyen Âge d’après Jacques Le Goff.

Entrée des projections : 5 €.

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Le procès des Templiers selon « La caméra explore le temps » (1961)

Après avoir traité de la série Knightfall, nous revenons sur un article dans lequel nous parlons du traitement du procès des Templiers par la télévision française. Il y a près…

Après avoir traité de la série Knightfall, nous revenons sur un article dans lequel nous parlons du traitement du procès des Templiers par la télévision française. Il y a près de soixante ans, La Caméra explore le temps, présentée par Alain Decaux et André Castelot, s’attaquait au sujet en mélangeant commentaires historiques et scènes théâtrales (avec notamment Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle). Diffusée sur l’ORTF, l’émission proposait un traitement très marqué par l’actualité de l’époque comme vous aller le découvrir en lisant l’article  « Un quarteron de templiers à la retraite » en cliquant sur ce lien ou sur l’image ci-dessous.

Pour faire suite à cette lecture, nous vous proposons de visionner deux extraits vidéo tirés du téléfilm. Le premier montre parfaitement la volonté de Stellio Lorenzi, réalisateur et scénariste de l’émission, de noircir l’image des templiers, de les montrer comme une menace pour la monarchie capétienne. Une théorie que réfute aujourd’hui la très grande majorité des historiens travaillant sur le sujet. La plupart des combattants templiers étaient en effet toujours sur « le front » (Chypre et la péninsule ibérique après la perte de la Terre sainte). Le peu de combattants présents dans le royaume de France ne pesait pas grand-chose face à la puissance de Philippe le Bel. La même remarque peut être faite quant au rôle de banquier des templiers ; le trésor de l’ordre était bien moins important que les revenus royaux.

Mais, si l’image de toute puissance templière proposée par ce premier extrait n’était pas la réalité, qu’en était-il ? Aujourd’hui, la plupart des historiens n’analysent plus le procès des templiers sous l’angle financier (ni même sous l’angle de la culpabilité), mais plutôt à travers les dimensions politiques et religieuses (ces deux aspects étant étroitement liés au Moyen âge, pour ne pas dire confondus). L’acharnement de Philippe le Bel doit être mis en relation avec le conflit important opposant la monarchie capétienne avec la papauté, qui prit une tournure dramatique au début du XIVe siècle (avec, notamment, l’attentat d’Anagni). Comme l’explique l’historien Julien Théry dans un récent article,

« La perte des templiers devait faire de Philippe le Bel et de ses successeurs, en quelque sorte, des papes en leur royaume. […] En définitive, les crimes imputés au Temple constituaient une hérésie d’État. Leur répression fut un moment important pour la construction de l’absolutisme royal français. »

Une prééminence de l’État que va affirmer le conseiller du roi Guillaume de Plaisians (joué Jean Rochefort) dans ce second extrait, face à un Jacques de Molay (incarné par Louis Arbessier) bien désemparé.

Le parallèle avec la guerre d’Algérie et l’armée de métiers, penchant en partie pour l’Algérie française et les colons, est assez évident. Néanmoins, si l’on en croit le témoignage de la script de l’émission Michèle O’Glor, la comparaison n’était pas voulue. Du moins, pas avec le putsch des généraux. C’est sans doute vrai ; néanmoins, il était courant de modifier le script le jour même (ce fut le cas pour Les Templiers). L’émission du 22 avril, diffusée en direct, ne ressemblait pas à ce qui était prévu au matin du 21 avril.

Enfin, le putsch des généraux ne marquait pas un fait nouveau. Déjà, en mai 1958, c’est avec l’appui de l’armée et des colons que le général de Gaulle avait pu prendre le pouvoir et mettre fin à la IVe république. Mais ce soutien à de Gaulle avait cessé depuis que ce dernier, en septembre 1959, avait reconnu la possibilité d’une autodétermination de l’Algérie et le divorce avait été définitivement acté lors de la semaine des barricades de janvier 1960 (déclenchées suite à la mutation du général Massu en métropole). Une actualité qui ne pouvait échapper au très militant Stellio Lorenzi (proche du PCF) qui fit de ses templiers une métaphore de l’armée de métier engluée dans la question algérienne. La caméra explore le temps était bien, comme le reconnaîtra plusieurs années après Michèle O’Glor, un moyen de parler politique :

« on a choisi des sujets plus historiques, plus politiques (…) qui étaient souvent en rapport avec la politique de l’époque. (…) C’est extraordinaire, quand on fait de l’histoire, tout ce qu’on peut retrouver comme parallèle. Or, on recherchait ces parallèles. »

Pour finir, laissons nous aller au plaisir de l’anecdote. En écoutant attentivement le dialogue de Plaisians/de Molay, vous reconnaîtrez l’acteur qui incarne ce dernier, et plus particulièrement sa voix. Louis Arbessier, pour les auditeurs francophones fans de films d’espionnage, fut en effet le doubleur de « Q » dans de nombreux James Bond.

William Blanc

Bibliographie :

  • À propos de l’émission La caméra explore le temps, voir le livre d’Isabelle Veyrat-Masson, Quand la télévision explore le temps, Fayard, 2000, notamment les pages 88 à 113. Les citations de Michèle O’Glor en sont tirées.
  • En ce qui concerne les templiers, il faut évidemment se replonger dans l’ouvrage désormais classique d’Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Seuil, 2008. Sur le procès, voir Malcolm Barber, Le Procès des Templiers, Tallandier, 2007. Ces deux livres, écrits par des spécialistes, font un sort aux idées qui voudraient que les templiers aient été un « État dans l’État  » ou « les banquiers de l’Occident ».
  • Voir enfin le très intéressant article de Julien Théry, « Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des ‘perfides templiers’ et la pontificalisation de la royauté française », paru dans le nº 60 de la revue Médiévales, 2011, p. 157-186.
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Knightfall… les templiers au mixer !

Alors que la seconde saison de la série Knightfall est dévoilée par la chaîne History, revenons très brièvement sur cette série consacrée à l’ordre du Temple. Sa recette est simple…

Alors que la seconde saison de la série Knightfall est dévoilée par la chaîne History, revenons très brièvement sur cette série consacrée à l’ordre du Temple. Sa recette est simple et ressemble un peu à ce qui a été fait avec la série Vikings (produit par la même chaîne, nous en parlions ici). Prenez tous les poncifs possibles sur les Templiers et le Graal, mélanger (beaucoup) au mixer, ajouter une pincée d’intrigues politiques à la Game of Thrones, mettez au bûcher… pardon, au four à 180°, et voilà.
Le résultat : du grand n’importe quoi au niveau historique mais, en fin de compte, une série plaisante lorsqu’on la prend au septième degré et qu’on s’amuse à repérer les références (pseudo-)historiques des scénaristes dont nous vous livrons ici une liste non exhaustive. Attention, spoilers.

  • Lien fait entre les templiers et la quête du Graal. Les moines-soldats sont décrits comme les gardiens de la coupe sacrée (qu’ils perdent évidemment au début de la série et qu’ils tentent par la suite de retrouver). De plus, deux membres du Temple portent des noms de chevaliers de la Table ronde (Gauvain et Perceval). Certes, l’association entre le Graal et les Templiers est évoquée dans un texte médiéval avec d’être repris dans d’obscurs ouvrages ésotériques ultra-réactionnaires. Mais dans le grand public, elle était largement oubliée. Cette théorie ne sera en réalité largement diffusée qu’à partir de 1982, dans un essai pseudo-historique britannique L’Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail – 1982) dont se moque Umberto Eco avec son roman Le Pendule de Foucault (1988). L’idée est reprise en 2003 par Dan Brown pour son best-seller mondial Da Vinci Code. À chaque fois, les Templiers sont décrits comme une société secrète surpuissante protégeant la coupe sacrée (ou ce qu’elle représente) depuis de nombreux siècles. Les auteurs de Knightfall s’inspirent largement de cet imaginaire en se replaçant à l’origine supposée de la disparition de l’artefact et des moines-soldats. Reste à savoir quel complot mystérieux (car complot il y aura certainement) se cache derrière la disparition du Graal dans la série de la chaîne History. Nous en saurons plus en regardant les prochains épisodes dont nous vous ferons un compte rendu.
  • Gauvain et Perceval. Le premier servant de maître au second. Jolie variation sur le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (fin XIIe siècle), même si, dans ce texte, aucun des deux chevaliers n’est un templier.
  • Perceval amoureux d’une jeune juive. L’inspiration vient sans doute du texte Parzival de Wolfram von Eschenbach écrit au XIIIe siècle. Les Templiers, notamment le héros de la série (le templier Landry), se mobilisent d’ailleurs, armes à la main, pour protéger les juifs des persécutions. Chose impossible dans la réalité. Non seulement les templiers n’ont pas réagi à la grande expulsion des juifs du royaume de France en 1306, mais il y avait de toute façon en Occident très peu de combattants du Temple pour s’opposer à la volonté du roi Philippe. En réalité, la tolérance religieuse dont fait acte Landry ou Perceval permet surtout de rendre les personnages principaux acceptables pour un public moderne.
  • Les cathares gardiens du Graal. Cette légende est née dans les cercles occultistes au XIXe siècle. Au XXe siècle, un nazi, Otto Rahn, tente même de trouver le Graal au château de Montségur, une des dernières places fortes de l’hérésie prise en 1244. Il pense en effet que le Graal et les cathares étaient des survivances de la véritable religion de la « race blanche » étouffée par un christianisme impulsé par les juifs (oui, oui… Rahn était parti très loin dans sa tête). Inutile de dire qu’il n’a pas trouvé la coupe sacrée dans les Pyrénées et que les cathares sont autant liés au Graal qu’à la guitare d’Elvis Presley. Mais l’idée est tellement séduisante pour des scénaristes en mal de complots faciles que le lien entre l’hérésie la plus célèbre du Moyen âge et le bocal à anchois le plus fameux du monde est devenu un lieu commun de la culture populaire.
  • La présence des Assassins. Nombre d’auteurs aiment bien connecter les Assassins (dont nous avons déjà parlé ici) et les Templiers. Pourtant, si les deux groupes étaient contemporains, ils n’avaient en réalité pas grand-chose à voir. Les « Assassins » représentaient une tendance de l’Islam. Les Templiers, eux, constituaient un ordre militaire. Qu’importe ! Depuis une trentaine d’années, et encore plus depuis le succès du jeu vidéo Assassin’s Creed (dans lequel templiers et Assassins s’entre-déchirent depuis des millénaires), impossible d’évoquer les uns dans une série sans que les autres apparaissent. Les producteurs de Knightfall ont quand même poussé le bouchon un peu loin… outres les assassins couverts de chèches noirs se baladant tranquilles dans la Paris du XIVe siècle, une spadassin mongole (???) cachée par un masque en métal utilisant le feu grégeois pour commettre des attentats est tellement too much que ça nous a bien fait rire à la rédaction de Fréquence médiévale.
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  • Le druide… quelle idée de mettre un druide au XIVe siècle en France ? En même temps, il devient de plus en plus courant, dans les films anglo-saxons, d’assimiler des sorciers (et les sorcières) à des prêtres païens dont les cultes auraient survécu clandestinement depuis l’Antiquité. L’idée est née du XIXe siècle (notamment dans La Sorcière de Jules Michelet). On en parlait ici :
  • La reine amoureuse d’un templier (et inversement). Pas de série télévisée sans les intermèdes Closer. Maurice Druon dans Les Rois Maudits faisait pareil, en s’appuyant tout de même un peu plus solidement sur la réalité historique. Avec Knightfall c’est la fête, avec en prime une histoire passionnelle entre l’héritier de la couronne de Catalogne (les scénaristes voulaient peut-être dire l’Aragon) et la fille de Philippe le Bel, avec, entre les deux amants un conseiller vicieux (Guillaume de Nogaret, un tantinet risible) et la mongole/ninja/terroriste…
  • Un chevalier Jedi s’est glissé dans la série au début de la saison 2. Non, non, ce n’est pas une blague : Mark Hamill (alias Luke Skywalker) a obtenu un rôle dans Knightfall. Pas étonnant, tant l’univers de Star Wars est rempli d’imagerie médiévale et que l’ordre Jedi est fortement inspiré par l’ordre du Temple.
Mais où est donc Luke Skywalker ?
  • Enfin, les Templiers apparaissent dans Knightfall comme un État dans l’État, capable de mobiliser une armée au cœur du royaume de France. L’idée est aussi vieille que le procès et la condamnation de l’ordre et a fait les choux gras de nombreuses fictions.

Nous n’en relèverons pas plus pour éviter d’autres spoilers, d’autant que l’intrigue prend des tournures complètement loufoques à la fin de la saison 1 (du grand n’importe quoi…). On a bien ri en tout cas et on attend la suite avec impatience (si, si).

William Blanc

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Fréquence médiévale : la création de l’ordre des Templiers

L’ordre du Temple fascine encore aujourd’hui. Il suffit de se promener dans une fête médiévale pour voir de nombreuses personnes habillées comme les fameux chevaliers-templiers. Pour en savoir plus, nous…

L’ordre du Temple fascine encore aujourd’hui. Il suffit de se promener dans une fête médiévale pour voir de nombreuses personnes habillées comme les fameux chevaliers-templiers. Pour en savoir plus, nous avons invité au micro de Fréquence médiévale Alain Demurger, historien spécialiste des ordres militaires médiévaux pour une série de trois émissions. La première est consacrée à la fondation de l’ordre, à laquelle à grandement participé Bernard de Clairvaux (nous en parlions déjà dans une précédente émission de Fréquence médiévale) Bonne écoute.

Pour en savoir plus, nous renvoyons à l’excellente somme d’Alain Demurger consacré à l’ordre du Temple, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Seuil, coll. « Points Histoire », 2008, 2e éd. (1re éd. 2005) et Simonetta Cerrini (préf. Alain Demurger), La Révolution des Templiers, Une histoire perdue du XIIe siècle, Perrin, 2007.

Montage de l’émission par Exomène, le templier de Limoges.

Des Templiers chargeant. Illustration de Wayne Reynolds pour le livre de Helen Nicholson "Knight Templar" (Ospery Publishing, 2004).
Des Templiers chargeant. Illustration de Wayne Reynolds pour le livre de Helen Nicholson « Knight Templar » (Ospery Publishing, 2004)

William Blanc

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