Catégorie : Médiévalisme

Les Croisades au cinéma : festival Bobines et Parchemins

Les Croisades au cinéma 7e édition du festival Bobines et Parchemins Au cinéma les Ecoles 21, 23 rue des Ecoles, 75005 Paris du 13 au 15 juin 2019 ALEXANDRE NEVSKI…

Les Croisades au cinéma

7e édition du festival Bobines et Parchemins

Au cinéma les Ecoles 21, 23 rue des Ecoles, 75005 Paris

du 13 au 15 juin 2019

ALEXANDRE NEVSKI (1938, SERGUEÏ EISENSTEIN), JEUDI 13 MAI 2019, 20H.
Projection suivie d’une discussion avec Mélissa Melodias (doctorante en cinéma rattachée à THALIM) et William Blanc (historien). Dans la Russie au 13e siècle, un prince s’oppose à l’invasion des chevaliers teutoniques. Un classique du cinéma russe.

SALADIN (1963, YOUSSEF CHAHINE), VENDREDI 14 JUIN 2019, 20H
Projection suivie d’une discussion avec Christophe Naudin (historien spécialiste des croisades et enseignant). Saladin, qui vient de remporter une victoire sur les Croisés à Alexandrie, prépare la bataille pour libérer Jérusalem occupée par les chrétiens. Une grande fresque cinématographique tournée pendant le mandat de Gamal Abdel Nasser.

LE SEPTIÈME SCEAU (1957, INGMAR BERGMAN), SAMEDI 15 JUIN 2019, 20H
Projection suivie d’une discussion avec Darwin Smith (historien au CNRS et rattaché au LAMOP) et Patrick Saffar (docteur en étude cinématographique, enseignant et critique). Au 14e siècle, un chevalier est de retour en Suède après 10 ans passés en croisade. Il affronte la mort au cours d’une partie d’échec, le temps de trouver des réponses à ses problèmes métaphysiques. Un des plus grands films qui ait été tourné sur le Moyen Âge d’après Jacques Le Goff.

Entrée des projections : 5 €.

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Game of Thrones : dernière saison ?

Alors que vous vous apprêtez à regarder le dernier épisode de Game of Thrones, nous vous proposons d’écouter un enregistrement de l’excellente émission Culture Prohibée de radio qui vous permettra…

Alors que vous vous apprêtez à regarder le dernier épisode de Game of Thrones, nous vous proposons d’écouter un enregistrement de l’excellente émission Culture Prohibée de radio qui vous permettra d’en savoir plus sur l’origine de cette série, mais aussi de la fantasy, de Tolkien en passant par William Morris, et sur l’ influence grandissante de ce genre qui promet bien d’autres séries.

Bonne écoute à toutes et à tous :
Écoutez l’émission en suivant ce lien : http://podcast.grafhit.net/cultureProhibee/CP_S10E37.mp3
Écoutez l’émission via Deezer en suivant ce lien : https://www.deezer.com/fr/show/345382

Rappel. Nous vous renvoyons aussi à cet article sur la série d’HBO que nous avons publié récemment.

Playlist de l’émission :

  • Générique d’après DJ No Breakfast remixé par Léo Magnien.
  • Divers extraits des B.O. de Game Of Thrones (Ramin Djawadi), Le seigneur des anneaux (Howard Shore), Les sorciers de la guerre (Andrew Belling & Susan Anton) & Conan (Basil Poledouris) ;
  • What’s Going On (Marvin Gaye).
Le trône de fer dans la série Game of Thrones.
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Star Wars face au Moyen âge

Alors qu’un nouvel épisode de la franchise Star Wars s’apprête à déferler sur nos écrans comme une nuée de stormtroopers, il nous semble intéressant de proposer aux lecteurs et lectrices…

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Alors qu’un nouvel épisode de la franchise Star Wars s’apprête à déferler sur nos écrans comme une nuée de stormtroopers, il nous semble intéressant de proposer aux lecteurs et lectrices de Fréquence Médiévale un petit point sur les liens existants entre l’univers créé par Georges Lucas et l’imaginaire du Moyen Âge.

Arthurien à voir, ou presque !

On le sait, le Moyen âge fantasmé occupe une place centrale dans l’imaginaire dans pays occidentaux, et particulièrement aux États-Unis. Aussi, il n’y a rien d’étonnant que Georges Lucas, en créant l’univers de Star Wars dans les années 1970, se soit inspiré des quelques éléments médiévaux.
Par exemple, de nombreux auteurs ont fait le parallèle entre le premier film de la franchise et la légende arthurienne, notamment dans la version – immensément populaire dans les pays anglo-saxons – développée par le romancier anglais T.H. White (The Once and Future King – 1939 et 1958) et adaptée à l’écran par les studios Disney en 1963. Pensez donc ! Un jeune héros (Luke Skywalker), élevé chez des paysans, qui n’apprend sa véritable identité qu’avec l’aide d’un vieil ermite (Obi Wan Kenobi) doté d’étrange pouvoir. Tout cela n’est pas sans rappeler le jeune Arthur mis à l’abri chez sire Ector avant d’être retrouvé par Merlin. Le jeune roi de Camelot et Luke se ressemble sur d’autres points : tous deux héritent d’une épée magique et deviennent des chevaliers en instaurant/restaurant un ordre (la Table ronde pour Arthur, les Jedis pour Luke).
Luke finit même par sauver une princesse (Leia) des griffes d’un chevalier noir (Dark Vador) qui l’a enfermé dans une version futuriste d’un château (l’Étoile noire). Quant au triangle amoureux entre Luke, Han Solo et Leia, il renvoie – comme l’a noté par exemple Laurent Aknin – celui réunissant Arthur, Lancelot et Guenièvre. Seule la fin est différente, et pour cause. Alors que dans les romans arthuriens – notamment dans la Vulgate du XIIIe siècle repris par Thomas Malory au XVe – l’amour de Lancelot et de Guenièvre est un des facteurs qui conduit Camelot à sa perte, la trilogie de Georges Lucas propose au contraire un happy end très hollywoodien propre à rassurer un public américain qui, à la fin des années 1970, en a bien besoin. On y reviendra.

Dark Vador : le samouraï de l’ordre noir

Dark Vador, avant d’être un peu notre père à toutes et à tous (lisez dans votre cœur et vous saurez que c’est la vérité !), représente surtout, dans le film de 1977, l’incarnation du chevalier noir, de l’anti Jedi – ce que les films suivants, y compris l’horrible Episode 1 (La menace fantôme), va confirmer –, jusqu’à son costume et son casque qui emprunte au heaume des samouraïs, le kabuto. C’est d’autant plus vrai que Georges Lucas, grand fan de film de chanbara (film de sabre) japonais, s’est inspiré, pour le scénario du premier film du cycle, de La forteresse cachée (1958) d’Akira Kurosawa. Mais attention, ne manqueront pas de penser les nombreux fans avertis de Star Wars, beaucoup de gens affirment que le casque de Dark Vador n’est pas tiré de l’équipement des guerriers japonais médiévaux, mais s’inspire du stahlhelm porté par les soldats allemand durant les deux conflits mondiaux – comme l’explique notamment cet article de Patrick Peccatte.
Certes. Mais là encore, il s’agit, d’une référence directe au Moyen Âge. Laissez-nous nous expliquer. Tout d’abord, le stahlhelm est une copie modifiée de la salade médiévale – tous les casques des guerres mondiales sont issus de modèles médiévaux. Mais, au-delà de cela, il faut bien comprendre que dans la culture populaire américaine, depuis le Première Guerre mondiale, les Allemands et, par extension, les nazis – auxquels on associe très facilement le stahlhelm – sont assimilés à des tyrans féodaux barbares. Cela transparaît nettement dans les comics publiés durant le conflit de 1939-1945 durant lequel il est courant de voir Hitler et ses sbires diriger des troupes depuis un château ou torturer des héros dans un donjon médiéval. Ces représentations s’appuient certes sur des éléments réels – après tout, Himmler pensait récréer avec la SS une Table ronde racialement « pure » – mais elle permet surtout aux Américains de s’imaginer comme des êtres civilisés ou mieux, comme de nouveaux chevaliers arthuriens terrassant les oppresseurs « médiévaux » nazis. Le général Eisenhower, la veille du débarquement du 6 juin 1944, déclare ainsi aux millions de soldats qui s’élancent vers les plages normandes qu’ils embarquaient pour une « Grande Croisade ». On retrouve ce schéma dans le film Indiana Jones et la dernière croisade (1989), produit notamment par Georges Lucas, qui montre des nazis opérant depuis un château, contré par un américain – Indiana Jones – qui devient, à terme, l’héritier des chevaliers du Graal.

L’Amérique retrouve sa chevalerie

Star Wars arrive dans le paysage cinématographique à un moment où la plupart des grandes mythologies hollywoodiennes sont presque mortes. Le western classique, associé à l’Amérique conservatrice, a ainsi pris un rude coup au début des années 1970. L’image du cowboy solitaire et justicier a été battue en brèche par les productions italiennes (comme celles de Sergio Leone) et par celles de la jeune génération de réalisateur du Nouvel Hollywood (Midnight Cowboy par exemple).
Les films de chevaliers, genre populaire durant les années 1950, en pleine Guerre froide durant lequel les héros du Moyen Âge – roi Arthur en tête – sont mobilisés contre le communisme, sont marqués par la même tendance. Ainsi, La rose et la flèche (1976) met en scène un Robin des Bois vieillissant (Sean Connery) et un Richard Cœur de Lion brutal, indigne de l’idéal chevaleresque. Cette évolution parallèle de deux genres, le western et le film médiévaliste, n’a rien d’étonnant tant le cowboy et le chevalier ont été maintes et maintes fois comparés, voire fusionnés dans la culture populaire américaine, par exemple dans la série télévisée Have Gun – Will Travel (1957-1963).
Star Wars apparaît donc au milieu du désert. Écrit et réalisé par une des figures du Nouvel Hollywood, ce film est un moyen, pour les plus jeunes générations, comme l’a bien montré Susan Aronstein, de réactiver les mythes américains. Celui du cowboy (via la figure d’Han Solo, véritable gunfighter de l’espace), mais aussi celui du chevalier, à travers les personnages d’Obi-Wan Kenobi et de Luke Skywalker, luttant contre un empire maléfique, tout comme les chevaliers américains ont combattu l’Allemagne durant les deux guerres mondiales. Cette renaissance arrive à point nommé dans une Amérique démoralisée sa défaite au Vietnam (Saigon a été prise par les Vietcongs en 1975) et dont le modèle est remis en cause par les mouvements pour l’égalité sociale et raciale des années 1960 et par la crise provoquée par le choc pétrolier de 1973.
La rhétorique est rapidement récupérée par Ronald Reagan, élu président en 1980 et prônant une politique agressive à l’encontre de l’URSS. N’hésitant pas à populariser ses opinions auprès du grand public en renvoyant à des lieux communs cinématographiques – Reagan a été acteur à Hollywood et cultive une image de cowboy –, il fait plusieurs fois référence à Star Wars à ses propres fins. Le bloc Soviétique est ainsi décrit par le président en mars 1983 comme un « empire du mal » (« evil empire » en référence à l’empire maléfique de la trilogie de Lucas) contre lequel il propose de déployer un programme sophistiqué de satellite de défense vite baptisé « Guerre des étoiles » par la presse et grâce auquel, explique,t-il, « la Force est de notre côté », paraphrasant ainsi la très célèbre devise de l’ordre de chevaliers Jedi auquel appartient Luke Skywalker. Voilà la chevalerie américaine ressuscitée pour une nouvelle croisade (contre le communisme cette fois) d’autant plus que les Jedis partage de nombreuses caractéristiques avec les ordres militaires qui agissaient en Terre sainte aux XIIe et XIIIe siècles, templiers en tête (habits monacaux, célibat affiché).

Conclusion : Star Wars, un succès médiéval

Star Wars a rencontré un succès inattendu, mais en fin de compte facilement explicable. Georges Lucas a pris de nombreux éléments tirés de la culture populaire et de l’imaginaire en les habillant sous un jour nouveau : du western ou des films de guerre – notamment des combats d’aviation. Mais c’est l’utilisation du Moyen Âge fantasmé qui a rendu cet univers foncièrement familier à nos yeux et a assuré son succès, notamment l’imagerie de la fantasy, genre qui rencontre, à partir des années 1960, un succès grandissant avec par exemple des productions comme Les Sorciers de la guerre de Ralph Bakshi, qui sort en même temps que Star Wars. La plupart des grands personnages de la série ont quelque chose de médiéval. Les ayants droit de Chrétien de Troyes vont-ils attaquer Georges Lucas pour plagiat ?

William Blanc

Bibliographie

  • Blanc William, Le Roi Arthur. Un mythe contemporain, Paris, Libertalia, 2016
  • Aronstein Susan, Hollywood knights. Arthurian cinema and the politics of nostalgia, Palgrave Macmillan, 2005
  • Fraser John, America and the pattern of chivalry, Cambridge Univerity Press, 2009 (1re édition 1982)
"The Accolade de Star Wars", un détournement récent d'une peinture médiévaliste anglaise du début du XXe siècle "The Accolade" d'Edmund Leighton.
« The Accolade de Star Wars », un détournement récent d’une peinture médiévaliste anglaise du début du XXe siècle « The Accolade » d’Edmund Leighton.
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La légende de Robin des Bois en Amérique

Comment la légende de Robin des Bois, qui a vu le jour en Angleterre entre le XIVe et le XVe siècle, s’est développée, a été transformée et a été popularisée…

Comment la légende de Robin des Bois, qui a vu le jour en Angleterre entre le XIVe et le XVe siècle, s’est développée, a été transformée et a été popularisée en Amérique à partir du XIXe siècle dans le cinéma, la bande dessinée (les comics de super-héros notamment), mais aussi à travers maints usages politiques ? Conférence donnée le 19 mars 2019 à l’Institut Finlandais à l’invitation de la Société des Amis du Musée de Cluny. Bonne écoute :

La légende de Robin des Bois vue par l’illustrateur américain N.C. Wyeth

Merci à Exomène pour la captation et le montage des images.

William Blanc

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Le procès des Templiers selon « La caméra explore le temps » (1961)

Après avoir traité de la série Knightfall, nous revenons sur un article dans lequel nous parlons du traitement du procès des Templiers par la télévision française. Il y a près…

Après avoir traité de la série Knightfall, nous revenons sur un article dans lequel nous parlons du traitement du procès des Templiers par la télévision française. Il y a près de soixante ans, La Caméra explore le temps, présentée par Alain Decaux et André Castelot, s’attaquait au sujet en mélangeant commentaires historiques et scènes théâtrales (avec notamment Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle). Diffusée sur l’ORTF, l’émission proposait un traitement très marqué par l’actualité de l’époque comme vous aller le découvrir en lisant l’article  « Un quarteron de templiers à la retraite » en cliquant sur ce lien ou sur l’image ci-dessous.

Pour faire suite à cette lecture, nous vous proposons de visionner deux extraits vidéo tirés du téléfilm. Le premier montre parfaitement la volonté de Stellio Lorenzi, réalisateur et scénariste de l’émission, de noircir l’image des templiers, de les montrer comme une menace pour la monarchie capétienne. Une théorie que réfute aujourd’hui la très grande majorité des historiens travaillant sur le sujet. La plupart des combattants templiers étaient en effet toujours sur « le front » (Chypre et la péninsule ibérique après la perte de la Terre sainte). Le peu de combattants présents dans le royaume de France ne pesait pas grand-chose face à la puissance de Philippe le Bel. La même remarque peut être faite quant au rôle de banquier des templiers ; le trésor de l’ordre était bien moins important que les revenus royaux.

Mais, si l’image de toute puissance templière proposée par ce premier extrait n’était pas la réalité, qu’en était-il ? Aujourd’hui, la plupart des historiens n’analysent plus le procès des templiers sous l’angle financier (ni même sous l’angle de la culpabilité), mais plutôt à travers les dimensions politiques et religieuses (ces deux aspects étant étroitement liés au Moyen âge, pour ne pas dire confondus). L’acharnement de Philippe le Bel doit être mis en relation avec le conflit important opposant la monarchie capétienne avec la papauté, qui prit une tournure dramatique au début du XIVe siècle (avec, notamment, l’attentat d’Anagni). Comme l’explique l’historien Julien Théry dans un récent article,

« La perte des templiers devait faire de Philippe le Bel et de ses successeurs, en quelque sorte, des papes en leur royaume. […] En définitive, les crimes imputés au Temple constituaient une hérésie d’État. Leur répression fut un moment important pour la construction de l’absolutisme royal français. »

Une prééminence de l’État que va affirmer le conseiller du roi Guillaume de Plaisians (joué Jean Rochefort) dans ce second extrait, face à un Jacques de Molay (incarné par Louis Arbessier) bien désemparé.

Le parallèle avec la guerre d’Algérie et l’armée de métiers, penchant en partie pour l’Algérie française et les colons, est assez évident. Néanmoins, si l’on en croit le témoignage de la script de l’émission Michèle O’Glor, la comparaison n’était pas voulue. Du moins, pas avec le putsch des généraux. C’est sans doute vrai ; néanmoins, il était courant de modifier le script le jour même (ce fut le cas pour Les Templiers). L’émission du 22 avril, diffusée en direct, ne ressemblait pas à ce qui était prévu au matin du 21 avril.

Enfin, le putsch des généraux ne marquait pas un fait nouveau. Déjà, en mai 1958, c’est avec l’appui de l’armée et des colons que le général de Gaulle avait pu prendre le pouvoir et mettre fin à la IVe république. Mais ce soutien à de Gaulle avait cessé depuis que ce dernier, en septembre 1959, avait reconnu la possibilité d’une autodétermination de l’Algérie et le divorce avait été définitivement acté lors de la semaine des barricades de janvier 1960 (déclenchées suite à la mutation du général Massu en métropole). Une actualité qui ne pouvait échapper au très militant Stellio Lorenzi (proche du PCF) qui fit de ses templiers une métaphore de l’armée de métier engluée dans la question algérienne. La caméra explore le temps était bien, comme le reconnaîtra plusieurs années après Michèle O’Glor, un moyen de parler politique :

« on a choisi des sujets plus historiques, plus politiques (…) qui étaient souvent en rapport avec la politique de l’époque. (…) C’est extraordinaire, quand on fait de l’histoire, tout ce qu’on peut retrouver comme parallèle. Or, on recherchait ces parallèles. »

Pour finir, laissons nous aller au plaisir de l’anecdote. En écoutant attentivement le dialogue de Plaisians/de Molay, vous reconnaîtrez l’acteur qui incarne ce dernier, et plus particulièrement sa voix. Louis Arbessier, pour les auditeurs francophones fans de films d’espionnage, fut en effet le doubleur de « Q » dans de nombreux James Bond.

William Blanc

Bibliographie :

  • À propos de l’émission La caméra explore le temps, voir le livre d’Isabelle Veyrat-Masson, Quand la télévision explore le temps, Fayard, 2000, notamment les pages 88 à 113. Les citations de Michèle O’Glor en sont tirées.
  • En ce qui concerne les templiers, il faut évidemment se replonger dans l’ouvrage désormais classique d’Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Seuil, 2008. Sur le procès, voir Malcolm Barber, Le Procès des Templiers, Tallandier, 2007. Ces deux livres, écrits par des spécialistes, font un sort aux idées qui voudraient que les templiers aient été un « État dans l’État  » ou « les banquiers de l’Occident ».
  • Voir enfin le très intéressant article de Julien Théry, « Une hérésie d’État. Philippe le Bel, le procès des ‘perfides templiers’ et la pontificalisation de la royauté française », paru dans le nº 60 de la revue Médiévales, 2011, p. 157-186.
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Game of Thrones : retour aux sources

Quel est le lien entre cette image tirée de Game of Thrones ci-dessus et cette enluminure médiévale du XVe siècle ? Pour le savoir, il vous suffit de télécharger, en…

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Quel est le lien entre cette image tirée de Game of Thrones ci-dessus et cette enluminure médiévale du XVe siècle ?

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Pour le savoir, il vous suffit de télécharger, en cliquant ici ou sur l’image ci-dessous, l’article « Le Trône de fer – retour aux sources ».

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Pareillement, vous pourrez aussi connaître le lien entre cette images de la série et l’enluminure en dessous, réalisé en 1408 en France dans des circonstances particulières.

Game of Thrones Générique
Le lion des Lannister, le cerf des Baratheon et le loup des Stark à l’assaut du dragon des Targaryen.

Bonne lecture.

SI le sujet de Game of Thrones vous intéresse, n’hésitez pas à lire cet autre article sur notre site.

William Blanc

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Quel Moyen Âge derrière « Game of Thrones » ?

Alors que le 8e et ultime saison de Game of Thrones va être diffusée, nous mettons en lien un article « Game of Thrones. Au-delà du réel » qui tente de voir…

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Alors que le 8e et ultime saison de Game of Thrones va être diffusée, nous mettons en lien un article « Game of Thrones. Au-delà du réel » qui tente de voir quelles ont été les sources qui ont servi à G.R.R. Martin pour créer son univers de fantasy. Loin de ce qui a été souvent dit, le monde de Westeros n’est pas plus « réaliste » que celui du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Loin de s’inspirer des Rois Maudits de Maurice Druon ou de la Guerre des Deux-Roses, réagit surtout contre la fantasy de son temps.
Un article à lire en cliquant sur ce lien.
Bonne lecture.

William Blanc

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Moyen âge, histoire et jeux vidéo. History Creed

Voilà une très belle série documentaire sur les jeux vidéo et l’histoire réalisée et narrée par Benjamin Brillaud de la chaîne YouTube Nota Bene. Au programme de ces dix épisodes…

Voilà une très belle série documentaire sur les jeux vidéo et l’histoire réalisée et narrée par Benjamin Brillaud de la chaîne YouTube Nota Bene. Au programme de ces dix épisodes d’environ huit minutes chacun, des historiens, des sociologues, des créateurs de jeux, parlent d’histoire en pixels et abordent des jeux vidéo médiévaux comme Kingdom Come Deliverance qui se déroule dans la Bohème du XVe siècle (voir notamment l’épisode 4). Il sera aussi beaucoup question d’Assassin’s Creed.

William Blanc

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Knightfall… les templiers au mixer !

Alors que la seconde saison de la série Knightfall est dévoilée par la chaîne History, revenons très brièvement sur cette série consacrée à l’ordre du Temple. Sa recette est simple…

Alors que la seconde saison de la série Knightfall est dévoilée par la chaîne History, revenons très brièvement sur cette série consacrée à l’ordre du Temple. Sa recette est simple et ressemble un peu à ce qui a été fait avec la série Vikings (produit par la même chaîne, nous en parlions ici). Prenez tous les poncifs possibles sur les Templiers et le Graal, mélanger (beaucoup) au mixer, ajouter une pincée d’intrigues politiques à la Game of Thrones, mettez au bûcher… pardon, au four à 180°, et voilà.
Le résultat : du grand n’importe quoi au niveau historique mais, en fin de compte, une série plaisante lorsqu’on la prend au septième degré et qu’on s’amuse à repérer les références (pseudo-)historiques des scénaristes dont nous vous livrons ici une liste non exhaustive. Attention, spoilers.

  • Lien fait entre les templiers et la quête du Graal. Les moines-soldats sont décrits comme les gardiens de la coupe sacrée (qu’ils perdent évidemment au début de la série et qu’ils tentent par la suite de retrouver). De plus, deux membres du Temple portent des noms de chevaliers de la Table ronde (Gauvain et Perceval). Certes, l’association entre le Graal et les Templiers est évoquée dans un texte médiéval avec d’être repris dans d’obscurs ouvrages ésotériques ultra-réactionnaires. Mais dans le grand public, elle était largement oubliée. Cette théorie ne sera en réalité largement diffusée qu’à partir de 1982, dans un essai pseudo-historique britannique L’Énigme sacrée (The Holy Blood and the Holy Grail – 1982) dont se moque Umberto Eco avec son roman Le Pendule de Foucault (1988). L’idée est reprise en 2003 par Dan Brown pour son best-seller mondial Da Vinci Code. À chaque fois, les Templiers sont décrits comme une société secrète surpuissante protégeant la coupe sacrée (ou ce qu’elle représente) depuis de nombreux siècles. Les auteurs de Knightfall s’inspirent largement de cet imaginaire en se replaçant à l’origine supposée de la disparition de l’artefact et des moines-soldats. Reste à savoir quel complot mystérieux (car complot il y aura certainement) se cache derrière la disparition du Graal dans la série de la chaîne History. Nous en saurons plus en regardant les prochains épisodes dont nous vous ferons un compte rendu.
  • Gauvain et Perceval. Le premier servant de maître au second. Jolie variation sur le Conte du Graal de Chrétien de Troyes (fin XIIe siècle), même si, dans ce texte, aucun des deux chevaliers n’est un templier.
  • Perceval amoureux d’une jeune juive. L’inspiration vient sans doute du texte Parzival de Wolfram von Eschenbach écrit au XIIIe siècle. Les Templiers, notamment le héros de la série (le templier Landry), se mobilisent d’ailleurs, armes à la main, pour protéger les juifs des persécutions. Chose impossible dans la réalité. Non seulement les templiers n’ont pas réagi à la grande expulsion des juifs du royaume de France en 1306, mais il y avait de toute façon en Occident très peu de combattants du Temple pour s’opposer à la volonté du roi Philippe. En réalité, la tolérance religieuse dont fait acte Landry ou Perceval permet surtout de rendre les personnages principaux acceptables pour un public moderne.
  • Les cathares gardiens du Graal. Cette légende est née dans les cercles occultistes au XIXe siècle. Au XXe siècle, un nazi, Otto Rahn, tente même de trouver le Graal au château de Montségur, une des dernières places fortes de l’hérésie prise en 1244. Il pense en effet que le Graal et les cathares étaient des survivances de la véritable religion de la « race blanche » étouffée par un christianisme impulsé par les juifs (oui, oui… Rahn était parti très loin dans sa tête). Inutile de dire qu’il n’a pas trouvé la coupe sacrée dans les Pyrénées et que les cathares sont autant liés au Graal qu’à la guitare d’Elvis Presley. Mais l’idée est tellement séduisante pour des scénaristes en mal de complots faciles que le lien entre l’hérésie la plus célèbre du Moyen âge et le bocal à anchois le plus fameux du monde est devenu un lieu commun de la culture populaire.
  • La présence des Assassins. Nombre d’auteurs aiment bien connecter les Assassins (dont nous avons déjà parlé ici) et les Templiers. Pourtant, si les deux groupes étaient contemporains, ils n’avaient en réalité pas grand-chose à voir. Les « Assassins » représentaient une tendance de l’Islam. Les Templiers, eux, constituaient un ordre militaire. Qu’importe ! Depuis une trentaine d’années, et encore plus depuis le succès du jeu vidéo Assassin’s Creed (dans lequel templiers et Assassins s’entre-déchirent depuis des millénaires), impossible d’évoquer les uns dans une série sans que les autres apparaissent. Les producteurs de Knightfall ont quand même poussé le bouchon un peu loin… outres les assassins couverts de chèches noirs se baladant tranquilles dans la Paris du XIVe siècle, une spadassin mongole (???) cachée par un masque en métal utilisant le feu grégeois pour commettre des attentats est tellement too much que ça nous a bien fait rire à la rédaction de Fréquence médiévale.
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  • Le druide… quelle idée de mettre un druide au XIVe siècle en France ? En même temps, il devient de plus en plus courant, dans les films anglo-saxons, d’assimiler des sorciers (et les sorcières) à des prêtres païens dont les cultes auraient survécu clandestinement depuis l’Antiquité. L’idée est née du XIXe siècle (notamment dans La Sorcière de Jules Michelet). On en parlait ici :
  • La reine amoureuse d’un templier (et inversement). Pas de série télévisée sans les intermèdes Closer. Maurice Druon dans Les Rois Maudits faisait pareil, en s’appuyant tout de même un peu plus solidement sur la réalité historique. Avec Knightfall c’est la fête, avec en prime une histoire passionnelle entre l’héritier de la couronne de Catalogne (les scénaristes voulaient peut-être dire l’Aragon) et la fille de Philippe le Bel, avec, entre les deux amants un conseiller vicieux (Guillaume de Nogaret, un tantinet risible) et la mongole/ninja/terroriste…
  • Un chevalier Jedi s’est glissé dans la série au début de la saison 2. Non, non, ce n’est pas une blague : Mark Hamill (alias Luke Skywalker) a obtenu un rôle dans Knightfall. Pas étonnant, tant l’univers de Star Wars est rempli d’imagerie médiévale et que l’ordre Jedi est fortement inspiré par l’ordre du Temple.
Mais où est donc Luke Skywalker ?
  • Enfin, les Templiers apparaissent dans Knightfall comme un État dans l’État, capable de mobiliser une armée au cœur du royaume de France. L’idée est aussi vieille que le procès et la condamnation de l’ordre et a fait les choux gras de nombreuses fictions.

Nous n’en relèverons pas plus pour éviter d’autres spoilers, d’autant que l’intrigue prend des tournures complètement loufoques à la fin de la saison 1 (du grand n’importe quoi…). On a bien ri en tout cas et on attend la suite avec impatience (si, si).

William Blanc

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Guillaume le Conquérant revient dans un docu-fiction

Fréquence médiévale s’intéresse au docu-fiction Guillaume le conquérant, et s’est entretenu avec son réalisateur, Frédéric Compain : Fréquence médiévale : comment vous est venue l’idée de faire un docu-fiction consacré…

Fréquence médiévale s’intéresse au docu-fiction Guillaume le conquérant, et s’est entretenu avec son réalisateur, Frédéric Compain :

Fréquence médiévale : comment vous est venue l’idée de faire un docu-fiction consacré à Guillaume le conquérant ?
Frédéric Compain : C’est un producteur qui m’a suggéré l’idée de faire un docu-fiction sur Guillaume le conquérant. Cela tombait bien : je suis né à Rouen et Guillaume est pour moi une figure d’enfance, forcément un peu fantomatique et forte. Et, puisque j’évoque l’enfance, l’idée de reconstituer la bataille d’Hastings par exemple tenait du plaisir enfantin ! Enfin, Guillaume fait partie de ces « grandes figures » dont la célébrité est proportionnelle à l’ignorance du plus grand nombre… C’est devenu une marque, un nom, un peu vidé de contenu et de savoir.
Par ailleurs j’aimais bien l’idée de m’attaquer à un « genre » documentaire bien particulier : le « docu-fiction ». Comment le régénérer, comment ne pas livrer un objet par trop conventionnel ?

FM : comment se sont passées la rencontre et la collaboration avec les historiens ?
FC : Pierre Bouet a été la clef de voûte de cette aventure. C’est à l’issue de notre première rencontre que j’ai décidé de me lancer dans cette réalisation. Sans lui, sans son enthousiasme et son refus de tout conservatisme, le film n’aurait pas été possible. Ensuite il m’a fait rencontrer son ami François Neveu – exceptionnel historien lui aussi – ainsi que d’autres confrères français et anglais. Pierre Bouet a eu une fonction un peu particulière étant conseiller historique du film. Il était présent tous les jours de tournage, vérifiant coiffures et costumes, gestuelle des comédiens et m’évitant tout anachronisme. L’historien est devenu collaborateur artistique, ce qui est suffisamment rare pour être noté.

FM : Avez-vous fait appel à des reconstituteurs pour figurer dans votre film ?
FC : Nous nous sommes appuyés sur plusieurs organisations de reconstitueurs qui se sont mêlés aux comédiens. De grands passionnés qui se sont livrés au jeu avec enthousiasme. Nous avons également utilisés des fonds verts pour multiplier les foules.

FM : SI vous n’hésitez pas à faire appel à la 3D et aux technologies numériques, on sent dans votre travail un besoin de revenir toujours aux monuments, aux textes, aux sources. Pourquoi ?
FC : La plupart des « docu-fictions » jouent une forme de vérisme dans la fiction. C’est une forme d’imposture. Je pense qu’on ne peut pas représenter l’an mille comme si vous y étiez. Le passé en général, dès lors qu’il est représenté, ne peut être qu’une construction plus ou moins imaginaire. Marcel Proust est peut-être le plus grand historien du XXe siècle ! J’ai essayé de multiplier les niveaux de narrations, de jouer avec l’enchantement d’une représentation hypothétique mais aussi avec le doute et le jeu tissé entre réel et imaginaire, certitudes et approximations, présent et passé : nous sommes dans « l’ère du soupçon » chère à Nathalie Sarraute. Ne pas forcément croire à ce que l’on voit, revenir aux textes, interroger les images, celle de la fiction autant que les sources historiques. et créer des sasses entre « la belle histoire » et la connaissance que l’on en a, parsemée d’approximations. D’ailleurs Pierre Bouet intervient directement dans la reconstitution de la mort de Guillaume, laissant bien entendre que nous sommes dans une tentative de représentation et pas du tout dans une réalité figée, qui pourrait être perçue comme la vérité définitive. Je crois que c’est comme cela que la connaissance peut s’imposer : par approximations successives.

Pour visionner la bande annonce, suivez ce lien.

Propos recueillis par William Blanc

Un commentaire sur Guillaume le Conquérant revient dans un docu-fiction

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